CS Elite 2017 – Championnat dans tous ses états!

11 athlètes du Stade Lausanne Athlétisme étaient annoncés lors du plus prestigieux concours national. Répartis sur deux journées, les espérances étaient diverses, les résultats l’ont été également. Si aucune médaille n’a été obtenue, de très belles perfs’ sont ressorties de ce championnat ainsi que son lot de frustrations. Retour sur 48h de Championnat – dans tous ses états !

Vendredi après-midi, grand beau et un cadre digne de Diamond League, les premiers athlètes et accompagnants venaient s’immerger dans le superbe Letzigrund. Outre ce cadre impressionnant et le professionnalisme réputé de nos voisins alémaniques, l’organisation semblait nette, bien orchestrée et il ne manquait plus que les athlètes et leurs performances. Alors que l’on a vu Kambundji courir en 11″08 son 100m sous l’eau, Gasch s’envoler vers des sommets quasi-inespérés, quid des Stadistes ? Pour beaucoup, tout laissait croire à de gros résultats au vu des marges de progression bâties tout au long de la saison…

Lancer de fleurs, lancer de piques

Revenu de Russie pour ces championnats, Nicolas « Popov » Collin pouvait prétendre à une place vers le haut du classement. Au pays de la vodka et des matriochkas, il avait réussi trois lancers entre 50 et 55m, malheureusement tous invalidés par le drapeau rouge. Mais il n’était pas question de s’emballer pour le géant rouge : « je voulais assurer mon premier lancer après ma très mauvaise expérience aux CS de Frauenfeld [2014, un filet, un hors secteur et un troisième lancer crispé] où j’ai fini 9e ». C’est donc avec un premier lancer très « tranquille » qu’il a débuté son concours. Après cela, il fallait lâcher la « claque », ce que Popov a fait à merveille dès le deuxième lancer : 47.00 (SB) avec du style. A ce moment il était 3e, tous les espoirs étaient permis. Mais les choses se sont corsées par la suite, les trois premiers concurrents étant à passé 48m tandis que Nicolas ne lançait pas plus loin que 45.27. De plus selon l’athlète, « la pluie s’étant invitée », cela aurait affecté ses lancers. Mais ce qu’il faut retenir c’est ce très bon score et une frustrante mais superbe 4e place.

Toujours dans la cage mais avec un gabarit sensiblement différent, Elodie Menétrey prenait part à son premier Championnat Suisse Elite dans le concours du lancer du disque. Pas toujours facile de gérer le stress lors de sa première fois, une erreur de tige de la part du coach venait s’ajouter (tige trop longue) aux petites tensions. Laissant Wehrli et Zihlmann batailler pour la 1ère place, Elodie s’est élancée pour ses trois premiers tours. Nette, précise, elle a su appliquer à la lettre ses corrections d’entraînement pour produire un lancer techniquement « parfait ». Car ce qu’il a manqué par la suite c’est bien la fantaisie et la vitesse aux yeux de son coach Damien Giroud. 3e et dernier essai, la cadette de la délégation stadiste se permettait des folies : bien tenté mais non – son engin venait toucher le poteau et tomber juste hors-limites, alors qu’il passait largement les 30m ! Ce n’est que partie remise pour une athlète qui aura sans doute encore bien d’occasions pour prouver ce qu’elle vaut.

Côté poids on retrouvait l’expérimentée Debora Dell’Aquila. Il n’était pas question ici de podium avec des concurrentes inatteignables à l’image de Agnou, Herrsche ou encore Lukas, toutes au-dessus de 13m, mais plutôt de performance personnelle. Elle avait su lancer entre 12.30 et 12.40 durant la saison hivernale et son record de 12.60 dégageaient un esprit de sérénité. Mais voilà, avec notamment une blessure à l’épaule et tout simplement un jour qui n’était pas le bon, la Sicilienne n’a pas réussi à se lâcher et envoyer la pétée qu’elle aurait dû. C’est donc un concours terminé à 11.68, loin de son habitude, qui l’a laissée sans réponse quant aux raisons de cette contre-performance.

400mH aquatique

Un peu de pluie, ça peut arriver, mais il est toujours difficile de courir en apnée ! Alors que les haies étaient en place, le mauvais temps s’est invité et pas qu’un peu. Un rideau d’eau s’est abattu pendant les deux dernières heures de la première journée de championnat. Pour Adeline Aubourg, la douche n’était pas un soucis. Bien trop excitée de courir dans ce contexte, la Française était complètement absorbée dans son tout premier championnat. Son objectif était clair : « ne pas terminer trop loin derrière et ne pas subir la course comme à Montreux [N.D.L.R. 1’11″90 aux CV 2017] ». C’est chose faite avec 1’10″41 et ce malgré une 2e haie heurtée du genou. Si pour la heurdleuse les sensations étaient bonnes, elle déplore un manque de fond net et espère que d’avantage de travail pourrait encore la faire progresser. Au vu de sa première saison au club, on pourrait penser que ses espérances se réaliseront. L’autre hurdleur, le Spartiate professionnel Sylvain Rayroud était venu à Zurich avec aucun chrono sur 400mH cette saison. C’est donc sous un torrent de pluie qu’il a ouvert sa saison et à l’arrivée déclarait avec le sourire : « C’était humide et dur mais plaisant pour un retour sur haies longues. C’est incroyable d’ouvrir sa saison devant autant de monde, l’ambiance était vraiment au rendez-vous ». Faute aux conditions, il termine donc avec un chrono de 57″82 mais on dira que l’important c’est d’avoir eu du plaisir.

Espoirs, frustrations et réalisme

Ils avaient les perfs’, ils avaient les sensations, et pourtant rien n’est allé comme prévu ou du moins ils auraient mérité mieux.

Samantha Thomet était alignée sur le concours de triple saut. Son objectif restait toujours de retrouver ses marques à passé 11m. Ce qui était des plus étonnant c’est de la voir à l’aise, les sensations étant là et la technique bien posée, mais rien à faire : résultat final de 10.45. Coachée par l’ancienne coach de sa coach, Chantal, celle-ci semblait indiquer le vent comme très défavorable (en addition aux trombes d’eau qui s’abattaient sur le stade) et possiblement une des raison d’un résultat que l’athlète ne pouvait expliquer par la suite. Pour Samantha c’est désormais trois semaines de vacances et repos qui vont suivre avant qu’on la retrouve à nouveau aux CS U20/U23 en septembre.

Autre malheureux, Nicolas Salvadé avait réalisé de bons temps tout au long de la saison sur 800m. Mais parti un peu lentement, « Nini » a vécu une course compliquée et quelque peu hachée. Réussissant à se replacer après 300m, il a tenté de dépasser Curti (alors 2e) autour des 450m – en plein virage. Risque non-payant auquel s’ajoutait que les jambes n’y étaient plus à 150m de la fin. Bref, 1’55″67, série lente, tactique et de loin pas idéale pour le jeune coureur qui ne s’attendait pas à une finale mais pas à une telle course non plus. Pour lui aussi, prochain gros objectif en septembre aux CS U20/U23.

Deux derniers « malheureux » de ces championnats, Léa Savoy et Christian Toussaint ont connu des aventures décevantes. Pour la première sur 400m, il s’agissait de finir sa boucle, contrairement à sa première participation de 2016. Chose faite mais alors qu’il s’agissait de partir « calmement », Léa est réellement partie « trop » lentement. Habituée de mettre la gomme sur les 120 premiers mètres, elle n’a jamais vraiment trouvé le bon rythme et a terminé en 58″31, visiblement agacée et en rogne contre elle-même. Pour Christian, le concours de longueur était l’occasion de venir reconfirmer ses bonnes perfs’ de la saison (7.03 le 8 juillet) et chasser les démons des CSI (3 mordus). Si les résultats sont allés crescendo et qu’il était encore qualifié après 2 sauts pour la suite (6.46), les 3e essais des concurrents l’on vu sombrer à la 10e place, synonyme de fin de concours. Frustrant quand l’on sait que son SB lui aurait assuré une place dans le top 4… Lui aussi pourra effacer cet échec avec les CS de septembre, on garde espoir.

Sauteurs au top

Egalement à la longueur et dans les mêmes eaux que Christian, Steve Meystre a été l’un des régals stadistes de ces championnats. Qualifiés après trois sauts pour trois additionnels, il franchi la barre des 7m au tout dernier essai (7.01) ! Oui mais voila, monté lui aussi crescendo tout au long du concours, ce dernier saut était 2cm derrière Luca di Tizio, 3e… On peut donc dire qu’il ne s’en est fallu d’un rien pour voir Steve monter sur le podium mais ceci n’est que partie remise avant… les CS U20/U23 (et oui, lui aussi).

Dernier Stadiste à se lancer, samedi 16h00, Romain Leuthold avait un objectif très clair et qui lui pendait au nez depuis relativement longtemps : passer la barre des 2m ! Alors que la barre se situait à cette mythique hauteur, la situation s’est corsée avec 2 essais manqués. Certains pourraient imaginer que le cadre idyllique a été le déclic, ou était-ce l’absence malheureuse du coach ? On ne le saura surement jamais mais le motard amateur ne s’est pas entraîné dans le vide. Puisant dans ses forces, Romain a survolé majestueusement la barre et a enfin pu lâcher le cri de joie. Pour le public stadiste présent, c’était également la délivrance après tant d’attente pour cet instant. Médaillé chocolat, Romain s’est définitivement enlevé un poids psychologique des épaules et pourra désormais, comme dirais Jennifer, « aller plus haut ».

On remerciera encore Damien Giroud et Baptiste Ulrich, tous deux venus coacher et soutenir psychiquement les athlètes. Beaucoup de travail a été effectué, beaucoup reste à faire mais pour l’instant, je vous donne rendez-vous sur l’un des prochains meetings du soir ou tout simplement sur notre Stade de Coubertin adoré le 9 et 10 septembre pour les… CS U20/U23 !

 

Max Cuenoud

 

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